C'est reparti ?
Peut-être.
Faut voir.
Y'a comme un soubresaut dans mon esprit, quelques neurones qui hoquettent !
Les tensions s'accumulent tellement ce soir, que j'ai l'impression de traîner des branches en guise de bras et d'avoir des trapèzes en bois. (Tu sais, les muscles, pas l'agrès !)
Ma "cheffe" préférée pète un câble, son médecin lui a dit "dodo".
Mon poto de boulot ne dit rien, mais je sens qu'un truc ne va pas.
Ma copine de la classe des petits a les lombaires en compotes depuis un an et fait donc classe en pointillés.
"Plein de vacances", qu'ils disaient.
"Feignasse", qu'on entend dans les discussions de bistrots.
Mais le plus souvent quand même : "Votre boulot, j'le f'rais pas."
Je sens la morosité ambiante gagner du terrain dans mon petit monde. La mesquinerie rampante dégouline jusqu'à notre grille d'école et on n'arrive plus à faire du lieu un havre de paix.
Le mal être des gamins nous grignote petit à petit même si on tente de se protéger.
Les parents débordent, même physiquement. Pas plus tard que ce matin, un père est entré dans ma "bulle". J'ai eu beau me reculer, il n'a pas compris que sa proximité m'agressait : ils ne comprennent pas les codes sociaux, les limites ; ils exigent du respect mais nous engluent dans leurs conflits de bas étage préférant chipouiller pour un accroc dans un T-shirt de foot plutôt que de râler si le môme a une sale note par manque de travail.
Les priorités ont basculé dans le superficiel, on érige le physique et l'apparence en soucis principaux. Tant pis pour les apprentissages, aux chiotes l'esprit citoyen.
"Il a perdu sa casquette, un modèle qu'on ne trouve même pas sur le net.", m'a-t-il éructé au nez.
"Il a manqué de respect à ma remplaçante vendredi.", ai-je répondu comme si c'était à mettre sur le même plan.
Faut tenir la barre mais le navire coule.
Et je ne sais plus ce que j'ai fait de mon gilet de sauvetage.
Est-ce qu'un Capitaine Adjoint doit couler avec le bateau quand le Capitaine est à l'infirmerie ?