Vendredi 10 novembre 2006
La scène est presque vide, les acteurs laissent la place aux mots et à leurs symboles.
La pièce se déroule lors d'un réveillon, toute la famille se retrouve autour de l'absente amoureuse des naufrages, dont il ne reste qu'un chapeau de paille...
un chapeau et l'amour qu'ils lui portaient...
Il reste aussi l'amour qu'ils se portent, la place qu'ils lui font encore, la douleur que son départ a imprimé sur chacun de leurs visages, son nom qu'ils n'arrivent plus à prononcer...
Le scenario se déroule et me touche de plus en plus profondément de minute en minute, au fil du temps qui ne s'écoule même plus. Je suis du regard les lumières qui fuient, les plaques mouvantes du sol qui perdent mes pensées dans les recoins sombres du décor.
L'émotion s'insinue dans le flot de mes souvenirs; elle vient faire son nid au fond de ma gorge comme un rappel de tous les mots qui restent bloqués à ce même endroit si souvent.
Après la tombée du rideau, après les applaudissements, quitter sans presqu'une parole les amis qui proposent d'aller boire un verre...peut-être pour garder égoïstement le ressenti si juste que les mots des acteurs ont fait naître en moi...
Rentrer à pied par les rues froides, en suivant machinalement les pointillés lumineux des réverbères semés là par un Petit Poucet stellaire,
Sourire des changements de couleur des feux, devenus inutiles à l'heure où les voitures ne sortent plus,
Profiter du silence de la ville et de la nuit complice pour laisser vagabonder mon esprit sur la façon dont je vais vous raconter ma soirée et ce spectacle...
Penser à elles, enfin, mes absentes dont il ne reste que l'amour qu'on a partagé avec elles, à l'heure où les fêtes de fin d'année vont nous rappeler, au milieu du plaisir d'être ensemble, combien elles nous manquent et elles continueront de nous manquer.
Très belle pièce, et beaux souvenirs ravivés.
Kom' vous dites