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Sitôt paru, sitôt lu

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livres de couette

Vendredi 18 septembre 2009

Ben voui, l'été sera bientôt fini (plus qu'une poignée d'heures et on basculera vers l'automne... passant des lectures de chaise-longue à des lectures de couette...Note que ça a son charme aussi, mais bon...), alors j'avais envie de faire un bilan de mon été "littéraire"...


Lu depuis juin, donc :

Edit de plus tard : à la demande de DameDeK qui veut toujours tout savoir, j'ajoute mon petit grain de sel sur ces lectures estivales.

* L'élégance du hérisson - Muriel Barbery
Un délice : j'ai aimé jouer les voyeuses dans la tête de Paloma comme dans celle de Renée, suivre le fil de leurs pensées riches et drôles, fantaisistes et graves. Ces personnages travaillés avec soin, je les ai quittés à regret. (Note que j'ai vu le film avec Josiane Balasko peu de temps après avoir fini le livre (c'était un pur hasard, je ne savais même pas qu'un film allait sortir) et que je n'ai pas été déçue... J'ai trouvé les personnages du film respectueux de ceux du livre.) Un de mes chouchous de la bibli-liste.

* L'Amour aveugle - Patrick Cauvin
J'apprécie la plume de Cauvin (Présidente m'avait fait mourir de rire, de même que E=Mc2, mon amour ou Monsieur Papa... Dans ceux que j'ai lus, c'est probablement Villa Vanille qui m'a le moins charmée.) Bref, cette histoire d'amour entre un prof d'une quarantaine d'années et une jeune femme aveugle qui a l'âge de sa fille, est décrite avec tendresse et humour. C'est plein d'optimisme et de petits moments de bonheur arrachés au quotidien par les deux héros : des courses contre le vent tout habillés dans les vagues, des films partagés, une épopée dans une deux-chevaux... Une aventure hors du commun.

* De l'autre côté du lit - Alix Girod de L'Ain
Un jour, Madame décide qu'elle en a marre de sa vie de femme au foyer. Monsieur se lasse de sa vie de PDG. Ils décident donc d'échanger leurs vies pour une année, officiellement (contrat signé devant un huissier qui les "coache"). Une pointe de loufoquerie pour rendre la lecture légère mais une analyse pas si idiote des rôles de chacun dans un couple. Divertissant.

* La Part de l'autre - Eric-Emmanuel Schmitt
J'vais pas revenir dessus, j't'en ai déjà écrit un placard juste -->

* Le dernier caton - Matilde Asensi
Un de ces romans ou les héros passent une série d'épreuves initiatiques qui les amènent à découvrir un trésor, la clé d'une énigme ancestrale ou des richesses insoupçonnées...au fond d'eux-mêmes. Le tout sur fond de thriller-religieux. Miam : j'ai déééévoréééé !!! (Deuxième chouchou de la maîkkkresse !)

* Kaïra - Gudule
Un bouquin pour les gamins (c'était pour la bibliothèque de l'école !) : l'héroïne, adolescente, pas super bien dans ses baskets (oui, je sais, c'est synonyme d'ado !), fan de mangas, rencontre un mangaka. Bien écrit et rythmé. Lecture plaisante, même pour une vieille dame de mon âge ! Eh eh.

* Martin Eden - Jack London
Je t'avoue que ça m'a fait bizarre de me plonger dans une écriture "classique" ... Parce que je crois bien que ça ne m'était plus arrivé depuis le lycée... Donc sur la forme, j'ai eu besoin d'un temps d'adaptation. Mais sur le fond, mon côté rock'n roll a apprécié le mépris de Martin Eden pour les Bourgeois à l'esprit limité qu'il fréquente.

* Délivre-moi du mal - Mathieu Goguel
Polar bien ficelé, lecture motarde (normal, j'ai lu ça dans le tchou-tchou en descendant voir MaFée... c'est pour mieux la comprendre quand elle cause ! ;-p )

* Le ciel t'aidera - Sylvie Testud
Délicieux, drôle, bien écrit. La fille est carrément flippée (j'espère juste que ce n'est pas totalement autobiographique, sinon, je plains son entourage !)

* Un zoo en hiver - Jiro Taniguchi
C'est la première BD asiatique que j'ai lue, sur l'impulsion de MaFée qui m'a dit en bordure de piscine derrière ses lunettes de soleil "Rien à voir avec Dragon Ball, tu vas voir, c'est plein de poésie." Comme d'hab, elle avait raison (de toutes façons tu peux lui faire confiance quand elle te conseille un bouquin ! ;-p)

* Le long voyage du pingouin vers la jungle - Jean Gabriel Nordmann
Pièce de théâtre pour les n'enfants... Déjanté ce qu'il faut. Trèèèèès bien.

* Frein - Rouja Lazarova
J'ai pas aimé la fin. Et toi MaFée, t'en as pensé quoi ? (Je dis rien parce que si tu l'as pas encore lu hein...)

* On ne boit pas les rats kangourous - Estelle Nollet
Super... Une belle histoire humaine avec une pointe de fantastique juste ce qu'il faut... Et pis là, par contre, j'ai bien aimé la fin. Et pis même que bientôt, j'suis trop contente, j'crois bien que je vais pouvoir me faire dédicacer mon exemplaire... Méga-Youpiiiii !!! :-D C'est mon troisième chouchou de l'été. (Na !)

* Lipstick jungle - Candace Bushnell
Divertissant. T'aimes "Sex and the City" ? Ben vas-y, c'est le même univers, le même auteur et des héroïnes de la même veine.

* Buffet Campagnard - Cizia Zykë
Alors là MaFée, hein... Brrrr, même si j'avais senti arriver la fin, c'est... c'est... Complètement barré !!! (mais un cynisme pareil, c'est délicieux dans notre monde consensuel !)

* Petit Grounch à l'école - Yak Rivais
Pour être honnête, je suis en train de le finir. Mignon. Adapté à une grande fille de 9 ans d'âge mental comme moi ! ;-p



Tu noteras que je ne lis pas QUE de la grande littérature, mais j'assume mes "non choix" dans ce domaine : je suis capable de lire à peu près tout ce qui me tombe sous la main (même des romans pour les mouflets à peine lecteurs ! )
J'essaie aussi de lire ce qu'on me conseille parce que je suis rien qu'une curieuse (Qui a dit "vilain défaut" ?)...
Alors si toi aussi, t'as la curiosité parmi tes moteurs, tu peux toujours plonger dans ma liste, c'est cadeau !

Par MissTortue
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Vendredi 7 août 2009

Je sors des quatre cent soixante-dix pages avec une impression de gueule de bois.
C'est loin d'être une lecture légère de maîkkkresse en vacances. (Va falloir que je me rattrappe avec un roman H*rlequin d'ailleurs, he he !)

Je tournais autour depuis plusieurs mois ( pour ne pas dire plusieurs années ! ), il m'appelait depuis l'étagère...mais il me faut parfois du temps pour oser ouvrir certains bouquins.
S'il ne m'avait pas été offert, je pense d'ailleurs que je n'aurais jamais eu la curiosité de me pencher sur ses lignes.


J'ai dévoré, à la fin du livre, le Journal qu'a tenu Eric-Emmanuel Schmitt tout au long de son travail.
C'était la première fois que je lisais un de ses bouquins, je ne sais donc pas s'il a systématiquement la même démarche, mais j'ai vraiment apprécié : pouvoir parcourir un condensé des reflexions et de l'opinion de l'auteur sur son travail et ses personnages, dans ce cas précis, a beaucoup éclairé ma lecture...et m'a aidée à sortir de ces pages !


"L'erreur que l'on commet avec Hitler vient de ce qu'on le prend pour un individu exceptionnel, un monstre hors norme, un barbare sans équivalent. Or c'est un être banal. Banal comme le mal. Banal comme toi et moi. Ce pourrait-être toi, ce pourrait-être moi. Qui sait d'ailleurs si, demain, ce ne sera pas toi ou moi? Qui peut se croire définitivement à l'abri? A l'abri d'un raisonnement faux, du simplisme, de l'entêtement ou du mal infligé au nom de ce qu'on croit le bien ?

[...]

L'écriture de ce livre m'aura beaucoup appris. Tant qu'on ne reconnaîtra pas que le salaud et le criminel sont au fond de nous, on vivra dans un mensonge pieux."
JOURNAL de "la Part de l'autre"





Allez, vas-y, Tortue, réfléchis maintenant sur tes parts d'ombre et de lumière ; demande-toi, si tu laisses "la Part de l'autre" t'approcher suffisamment, avec son Amour, avec ses sourires... pour ne pas sombrer dans un égoïsme destructeur.
J'ai la cervelle qui tourne à plein régime-là. (Aïe !)

C'est à la fois perturbant, ce déséquilibre que la reflexion induit, mais aussi rassurant : la prise de conscience aide à la vigilance.
Je crois. Enfin, j'espère.

Non ?



Allez, pour finir, quelques lignes qui sortent des pages les plus lumineuses du livre.
Une rencontre. Jolie. Unique.
Avec un "Adolf" qui aurait peut-être pu exister s'il avait fait une place à " la Part de l'autre"...


- Je suis aussi la femme de ta vie.
Une stupeur délicieuse engourdit Adolf. La fille avait énoncé cette énormité avec une telle évidence qu'il sentit qu'elle avait raison. Pour incongrue et inhabituelle qu'elle fût, la phrase s'imposait, une lumière allumée dans une pièce obscure ; elle révélait une intimité ancienne, future, quelque chose qui ne demandait qu'à être dit pour être, et qui désormais existait de façon ravageuse, un élan.
Adolf résista un peu pour la forme :
- Mais...mais... on ne se connaît pas.
- Mieux que ça : on se reconnaît.
Le frisson d'évidence reparcourut Adolf dans les épaules et sur la nuque.

Par MissTortue
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Dimanche 28 juin 2009

" A chaque fois, c'est un miracle. Tous ces gens, tous ces soucis, toutes ces haines et tous ces désirs, tous ces désarrois [...] : tout disparaît soudain quand les choristes se mettent à chanter. Le cours de la vie se noie dans le chant, il y a tout d'un coup une impression de fraternité, de solidarité profonde, d'amour même et ça dilue la laideur du quotidien dans une communion parfaite. [...] quand il y a un canon, je regarde par terre parce que c'est trop d'émotion à la fois : c'est trop beau, trop solidaire, trop merveilleusement communiant [...] je me demande toujours à ce moment-là pourquoi ce n'est pas la règle du quotidien au lieu d'être un moment exceptionnel de chorale."
Paloma



"C'est la mort de Didon, dans le Didon et Enée de Purcell. Si vous voulez mon avis : la plus belle oeuvre de chant au monde. Ce n'est pas seulement beau c'est sublime et ça tient à l'enchaînement incroyablement dense des sons, comme s'ils étaient liés par une force invisible et comme si, tout en se distinguant, ils se fondaient les uns dans les autres, à la frontière de la voix humaine, presque dans le territoire de la plainte animale [...]"
Renée



"[...] ce soir, le coeur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, un ailleurs ici même, un toujours dans le jamais."
Paloma




J'aurais pu recopier des dizaines de passages de ce livre, tellement les mots de Paloma et Renée sonnent juste et disent joliment les choses de la vie. J'ai choisi ceux qui parlent de musique parce que ça touche encore plus mon univers.

Mais faut absolument que tu lises ce livre si ce n'est pas déjà fait...

"L'élégance du Hérisson" de Muriel Barbery.

Par MissTortue
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Mercredi 1 avril 2009

JJ à Maureen :  

"Parfois quand on jouait près de Chicago, et qu'on tapait le boeuf sur scène avec des amis, il pouvait y avoir un solo de saxo, ou de piano [...] ce titre était devenu le clou du spectacle, il durait dans les dix, douze minutes.
[...] c'était devenu le putain de son de la joie pure. [...] La même sensation que le surf ou n'importe quel trip naturel. Tu glissais sur les accords comme sur des vagues. Cette sensation, il m'est arrivé de l'éprouver jusqu'à cent fois dans l'année, et il y a peu de gens qui éprouvent ce genre de chose, ne serait-ce qu'une fois dans leur vie."



J'ai frissonné de délice depuis le fond de ma couette en lisant ce passage... parce que je savais très exactement de quoi il parlait.

Moi aussi, j'aime cette sensation de glisse merveilleuse sur les accords. 

Et je connais aussi la rareté qui la caractérise et qui la rend si précieuse.








"Vous descendez" de Nick Hornby
(Traduction Nicolas Richard)

Par MissTortue
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Jeudi 13 novembre 2008

Je sais bien que MaFée et Madame vous en ont déjà livré des impressions et des extraits... Mais je ne peux pas m'empêcher de vous en parler aussi !
J'ai envie de vous dire à quel point je me suis attachée aux personnages de Claudie Gallay.




L'Artiste qui veut voir sous ses mains, ses sculptures s'approcher le plus possible de son idéal... à s'en épuiser.
La Femme qui souffre du manque et qui se retrouve dans les Suppliantes statues de son ami.

J'aurais pu faire un geste, il se serait retourné. Peut-être. Je me suis collée encore plus au mur. Je fais partie de ces gens qu'on ne voit pas. Pas assez belle. Pas assez laide aussi sans doute. Un entre-deux. Déjà adolescente, dans les surprises parties, c'est les autres qui dansaient.


Des Vieux qui aiment et se déchirent avec la même passion que lorsqu'ils étaient jeunes, la haine et le désir habitent encore leurs regards.

Le Marin qui apprend des mots dans le dictionnaire.

La Petite qui dessine.

Quand elle l'a vu, la Petite s'est approchée de la fenêtre. Elle a écrasé sa main, son visage. Il l'a vue à son tour. Il a posé son doigt de l'autre côté de la vitre.
Il a soufflé et il a écrit son prénom dans la buée, Lambert, mais il l'a écrit à l'envers pour que la Petite puisse le lire.
Elle a soufflé à son tour. Elle a réfléchi et elle a écrit, Cigogne. [...]
Lili a fini par gueuler parce qu'au final, c'est elle qui allait devoir laver les vitres.



Et puis la Mer qui prend les êtres qu'on aime, qui rend parfois les corps mais pas toujours ; la Mer qui vit, qui change de couleur comme pour indiquer ses humeurs ; la Mer qui avale l'âme des vivants de la côte pour les obliger à rester à ses côtés.





Par MissTortue
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