Dimanche 5 avril 2009
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18:40
... ce qui ne tourne pas rond dans ma tête pour toujours la remplir de questions et de réflexions à deux balles.(Y'a deux ou trois petits malins qui sont cap de dire que tout est
normal, je suis une femme... mais passons !
)
Dans ma petite vie, j'ai croisé divers échantillons représentatifs de l'Homme dans sa version masculine.
Y'a déjà ceux de la "famille" (que je vais appeler "tonton" d'une manière générale pour éviter d'entrer dans les détails du Papa, Cousin, Papy, Tonton, Grand-Tonton, Petit Cousin,
Ami...), que j'aime et que je connais par coeur, avec tous leurs défauts et leurs qualités.
La liste de leurs petits et grands travers m'aide à me repérer dans la jungle des inconnus : "lui, il baratine comme Tonton Marcel", "lui c'est un sensible comme Tonton Gérard", "lui, c'est un
rigolo comme tonton Lucien", "lui, c'est une grande gueule comme tonton Archibald", "lui, c'est un boy-scout prêt à toujours rendre service comme Tonton Francis"...
(bien sûr tous ces prénoms sont fictifs, pour pas que tu saches de quel membre de la grande famille tortue je parle, eh eh)
Y'a le cercle des potes que je me suis constitué ensuite au fil des années : les amis, les vrais frangins, les copains, les collègues, les chéris des copines,... que je regarde agir en ayant
tantôt envie d'applaudir et tantôt envie de leur botter le cul.
Y'a les chéris qui sont passés dans ma vie, que j'identifie par ce qu'ils laissent dans la balance de mes souvenirs : quelques poignées de regrets, quelques baffes perdues,
quelques poussières d'étoiles, quelques injures contenues...
Quand je rencontre un nouveau type, je ne peux pas m'empêcher de le comparer à cet espèce de nuancier de l'âme que j'ai constitué à partir de tous ceux qui l'ont précédé.

En fait, dans ma tête, c'est un peu comme si je goûtais un plat.
J'veux de l'explosion de couleurs dans l'assiette, que mon oeil soit attiré, sans identifier tous les ingrédients au premier abord.
J'veux des arômes puissants mais pas entêtants, des odeurs nouvelles qui se marient avec d'autres déjà connues et appréciées.
J'veux des saveurs cachées, qui se révèlent petit à petit et qui donnent envie de se resservir.
J'veux de l'épicé mais suffisamment dosé pour ne pas flinguer les papilles ni me dissimuler des saveurs plus légères.
J'veux du sucré mais pas de l'écoeurant.
J'arrive pas à m'empêcher d'analyser les gestes, les attitudes, les paroles, les regards.
J'suis allée boire un verre avec ce type, il est agréable mais un peu "amoureux transi" et ça, pour une fille comme moi qui a tendance à garder les pa-pattes scotchées sur le sol, ça
fait bizarre à la première rencontre. (Je pense qu'il a tellement envie de rencontrer quelqu'un et de tomber amoureux qu'il s'était convaincu que j'allais lui plaire avant même qu'on se
voit.)
Il est délicat et plein de tout un tas de qualités, je n'ai aucun doute là-dessus.
Mais il ne parle pas de ses potes (apparemment, il en a peu), il se dit "passionné" mais j'ai pas vu par quoi, et manque tellement de confiance en lui qu'il m'a prise pour sa psy et m'a confié
d'entrée de jeu la liste de ses tocs, ses défauts, ses craintes...avant même de me donner son prénom !!!
J'avais envie de lui dire que sans pour autant mentir et dissimuler qui on est, on peut jouer le jeu de la séduction avec un minimum de mystère, qu'on ne parle pas du fond de soi dès le premier
rencard parce qu'un peu de pudeur, c'est bien aussi.
J'avais envie qu'il me pose des questions sur les morceaux qu'on fait avec mon groupe, pas qu'il me demande pourquoi je suis seule.
J'avais envie qu'il me parle de ses projets de vacances, de son boulot, de la dernière BD qu'il a lue (puisqu'il aime ça paraît-il)... pas de son divorce ni de sa difficulté à se remettre de
sa dernière rupture.
J'ai même eu envie de lui dire qu'avant d'être un jour bien avec une fille, faudrait peut-être qu'il arrive à être bien avec lui-même...mais ai-je le droit de dire des choses comme ça?
Bref, du coup, j'ai pas été séduite parce que je suis sûre qu'il n'est pas capable de décapsuler une bière avec un briquet.(MaFée comprendra).
Et toi, qu'est-ce que tu penses de tout ça?
Est-ce que j'ai tort de ne pas savoir ce que je veux mais de rester si intransigeante sur ce que je ne veux pas?
Est-ce que j'ai tort de préférer être seule que mal accompagnée ?
Kom' vous dites