Mardi 11 août 2009
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16:26
Papa Tortue qui suit en détail la santé de la Tortuemobile ( ce dont je suis incapable ! ) a décidé ce week-end qu'elle semblait un peu dégonflée de la roue. (Il n'aime
pas quand elle a le teint pâle !)
Nous voilà donc partis pour un long périple (ben voui, quand même, ça m'a arrachée à la lecture d'un excellent bouquin pendant
un gros quart d'heure !) pas plus tard que "tout de suite maintenant" après que le décret paternel concernant le regonflage soit tombé.
Bref.
Au moment où je me suis approchée de la caisse de la station service pour donner les 20 centimes règlementaires au MonsieurDesSous, un client était en train de payer son plein...
MonsieurDesSous - Alors, tes vacances ?
L'autre - Ben j'ai eu une drôle de surprise. Je devais rejoindre ma femme mais quand je suis arrivé, elle s'était barrée. Elle a bien profité pendant trois semaines, elle a mené
la belle vie, j'ai tout payé, et puis... (geste de la main qui veut dire "pfiout, envolée")
MonsieurDesSous - ah ben merde. Au bout de combien de temps ?
L'autre - 23 années de mariage. Je regrette qu'on n'ait plus le droit de leur taper dessus. Puis de toutes façons, moi les
femmes, maintenant, ce que je pense d'elles... ça commence par un S.
Le MonsieurDesSous a jeté un regard vers moi, presqu'un regard d'excuse...
J'ai tourné les talons : Papa Tortue venait de m'appeler pour me me signifier qu'on paierait après avoir regonflé mes roues.
J'en ai profité pour fuir : j'avais pas envie de me trouver nez-à-nez avec le type aigri et sa haine. J'avais pas envie de me justifier ou de me mettre en colère pour la moitié de l'Humanité dont
j'étais la seule représentante dans les environs immédiats de la caisse.
Je n'ai probablement pas le droit de juger, peut-être qu'il était chouette "avant".
Mais pour moi, même dans le chagrin, quelqu'un qui utilise ces mots-là, quelqu'un qui laisse transparaître une telle violence, a forcément ses torts lui aussi...
(Et si madame a eu envie de partir, elle a probablement ses raisons.)
"Je regrette qu'on n'ait plus le droit de leur taper dessus"
Ah bon? pourquoi? "on" a eu le droit un jour ?
Je suis plutôt tentée de dire que "certains hommes se sont donné le droit de..."
Tu peux pas savoir comme ça m'a heurtée.
Alors j'étais bien contente de me concentrer plutôt sur mon géniteur, en plein combat avec le tuyau du machin à gonfler les roues, qui, quand il m'a vue m'approcher, m'a adressé le
grand sourire et le regard admirativo-bienveillant qu'il a toujours pour ses filles (*).
Puis il s'est mis
à plat ventre pour s'occuper de ma roue de secours et m'a annoncé tout fier :
" Y'a des gens qui n'y pensent pas, mais moi, oui...Vas-y, appuie sur le bouton jusqu'à 2,5 kilos ! "
Merci Papa.
(*) même quand elles viennent de sortir toutes frippées de sous leur couette et qu'elles ont du mal à ouvrir les yeux plus de trois secondes
d'affilée !!!
Note de plus tard
Pour l'ambiance sonore de ma soirée, tu cliques là et t'écoute chanter les dames.
Je ne sais pas pour toi, mais pour ma part, un frisson délicieux descend de ma nuque pour faire hérisser les poils de mes avant bras vers 1:59, quand Anneke pose sa voix dans les graves en
fond de gorge et que la voix angélique de Sharon enlace les notes de sa pote trois secondes après, avec juste une guitare pour faire un écrin délicat
à toutes les perles harmonieuses offertes à nos oreilles par leurs cordes vocales...
Et puis le frisson reprend de plus belle vers 3:05 (avec un joli changement de tonalité en cadeau).
Suis sûre que si l'autre andouille de la pompe à essence écoutait ça, il se remettrait à aimer les femmes...
Kom' vous dites